C’est aussi de l’Art

L’Art pour tous !

La dernière fois que je vous avais parlé d’Art, c’était dans mon article consacré à Bilbao, et notamment au célèbre Musée Guggenheim. Mais il est possible de voir des œuvres d’art partout et gratuitement. Au moins, si vous n’aimez pas l’art contemporain, vous n’aurez pas l’impression d’avoir gaspiller votre argent.

À Rennes, par exemple, plusieurs lieux d’exposition permettent de découvrir librement et gratuitement des œuvres et des artistes contemporains. Ainsi, les « Ateliers du Vent » proposent des expositions toute l’année, en entrée libre. C’est parfois un peu « spécial », je vous l’accorde… 🙂

« Holding the sea », de Paul Souviron, exposée aux Ateliers du Vent (Rennes, novembre 2016).

Je vous avais parlé des « Ateliers du Vent » et de leurs étranges expositions à l’occasion d’un article en mai 2013. 😉

Plusieurs villes ont fait le pari d’exposer de l’art moderne dans l’espace public. C’est le cas à Port-Barcarès, dans les Pyrénées-Orientales. Une grande partie du front de mer est jonchée d’œuvres d’art plus ou moins imposantes. La rue bordant la plage est d’ailleurs appelée « L’allée des Arts ».

« Les Polymorphes », de Jean-Marie et Marthe Simonnets, exposés sur l’allée des Arts, à Port-Barcarès (Pyrénées-Orientales).

A la fin des années 60, une quarantaine de jeunes artistes internationaux, dont la plupart sont ensuite devenus célèbres dans le monde entier, ont été sollicités pour participer à ce musée d’art public à ciel ouvert, le premier en France.

Véritable forum mondial de l’art contemporain, le « plus long musée en plein air du monde », l’allée des Arts, voit le jour au début de l’été 1969, au milieu de nulle part. La plus vaste sélection au monde de sculptures monumentales contemporaines (de 3 à 20 m de hauteur) s’est élevée sur cette plage.

Les Soleillonautes

Au début de cette allée des Arts, 8 troncs d’arbre de près de 10 tonnes chacun, en bois d’odouma et arrivant directement du Gabon, sont offerts à 8 artistes. Il s’agit de Moreels, Moon, Comby, Ung No Lee, Rossigneux, Dien Phung Thi, Yokoyama et Diska. Ce bois, réputé imputrescible, a également la particularité d’une densité supérieure à 1, qui en fait un bois qui ne flotte pas.

Cet avantage comporte quelques inconvénients : après avoir fondu toutes les tronçonneuses fournies aux artistes, on est obligée de commander des tronçonneuses plus puissantes aux États-Unis, pour venir à bout de ce matériau incroyable.

Les artistes vont passer leur printemps et leur été sur leur chantier en plein air et sous un soleil de plomb. Ils créent chacun l’œuvre la plus gigantesque de leur vie, un totem dédié au soleil.

Le symposium des Soleillonautes, plus connu ici comme « place des totems » sera achevé en septembre et installé sur une dalle de plus de 360 m3 de béton.

Mais on trouve des œuvres d’art partout en Europe, comme sur la Plage de Zarautz, au Pays Basque espagnol.

Plage de Zarautz (Pays Basque, Espagne).

À Bilbao (voir mon article).

Maillons à Bilbao (Pays Basque, Espagne).

À Rennes, sur la place de Bretagne, on trouve des « baigneuses pas très académiques ». C’est le nom des 4 statues de l’artiste français Gérard Collin-Thiébaut, érigées en 2000 dans le centre-ville. Elles sont toutes de couleurs différentes. Même le mobilier urbain semble leur faire écho.

« Des baigneuses pas très académiques », de Gérard Collin-Thiébaut, sur la place de Bretagne, à Rennes (Ille-et-Vilaine).

Vous avez sûrement déjà vu ces rues recouvertes de parapluies multicolores sur plusieurs dizaines de mètres. Hé bien c’est de l’art…

Parapluies suspendus dans la Bastide Saint-Louis, à Carcassonne (Aude).

Graffs vs tags

L’art s’invite aussi dans nos rues, sous la forme de graffs qui sont souvent des fresques autorisées et esthétiques. Les tags, quant à eux, sont plutôt des graffitis sauvages et moches, commis la nuit par des vandales qui n’ont aucun talent ni goût artistique. Leur but est uniquement de laisser leur signature, le plus souvent illisible. Voilà, ça c’est dit…

Vous pouvez jeter un œil sur ce post qui montre quelques exemples de graffs réalisés à Rennes. Pour démontrer l’irrespect des tagueurs, je prends souvent l’exemple du mur des anciens magasins généraux de la Chambre de Commerce et d’Industrie. Plusieurs graffs s’y sont succédés et à chaque fois des tagueurs les ont saccagé.

Je vous rappelle les états successifs de ce mur en mai 2013, 2014 et 2016 :

En 2017, un nouveau graff a été réalisé, mais en seulement une semaine, des tags sont apparus par dessus :

« idiots », c’est certain. « Vicieux », c’est eux qui le disent… 🙂

À noter que les tagueurs se sont aussi attaqué aux statues de la place de Bretagne. Et beaucoup d’entre nous ont trop souvent découvert leurs graffitis sur les murs de nos habitations. 😦 Un véritable fléau qui coûte cher à la collectivité !

David Vanorbeek

David Vanorbeek, quant à lui, a demandé l’autorisation d’être exposé dans l’arboretum des Mas du Roussillon, à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), en juillet 2018. Ses œuvres sont en métal recyclé.

Mais nous sommes tous des artistes à nos heures perdues. Certaines œuvres éphémères sont créées avec de simples pierres et l’on voit parfois des créations qui méritent d’être montrées. Comme cette tête au grand nez :

Drôle de tête sur le Cap de Creus (Espagne).

Ou ce personnage à tête d’animal, juché sur son promontoire rocheux :

Drôle de personnage sur le Cap de Creus (Espagne).

Je vous souhaite un très beau week-end !


47 réflexions sur “C’est aussi de l’Art

  1. Y-a-t-il une frontière entre l’art (Y-a-t-il une différence comme entre le street art anti-commercial et l’art commercialisable), et la décoration ???

    Une question lancinante chez moi a laquelle je n’ai jamais su repondre.

    Cordialement
    Michel

    • En matière d’art comme dans d’autres domaines, toutes les frontières sont floues.
      Par contre, il y a des frontières bien balisées que l’on appelle « respect » et « savoir vivre ».
      Un imbécile qui gribouille sa signature illisible en 5 secondes par-dessus le graff d’un artiste qui a travaillé dessus pendant des heures ne mérite pas le qualificatif d’artiste.
      C’est juste un abruti.
      Et mon coup de gueule n’est pas commercial non plus. 🙂
      Bon WE, Michel.

  2. En général, j’ai du mal avec l’art moderne comme les « holding the sea » ou les « polymorphes ».
    Par contre, j’adore les parapluies de Carcassonne (superbe ! Une bonne idée pour « colorer » nos rues bretonnes.),
    les « baigneuses pas très académiques », également.
    Et je dis VIVE LES GRAFFS? ABAT LES TAGGS !!!
    A Brest, de nombreux murs de la ville sont de vraies oeuvres d’art
    et il semble qu’elles soient respectées. (pourvu que ça dure).
    Tiens à l’image des parapluies, une idée pour toi, et peut-être que tu y as déjà pensé,
    ( mais, c’est loin, il faut du temps et ce n’est pas gratuit un séjour),
    les cerfs-volants de Berck. Je pense qu’un photographe doit s’éclater sur les plages du Nord.

    • J’ai fait quelques photos de rassemblement de cerfs-volants sur l’île d’Oléron, il y a longtemps. Mais je préfère d’autres sujets… 😉
      J’espère que les graffs de Brest resteront immaculés. En général, les graffs sont respectés car ce sont de vrais œuvres d’art et elles apportent un plus dans les rues. Mais à Rennes, il semble que certains tagueurs aient brisé le consensus et n’hésitent plus à barbouiller les œuvres de leurs signatures laides, du niveau d’un gamin de maternelle gribouillant sur sa feuille. Quand la bêtise s’affiche sans honte, il n’y a plus de limite…

  3. L’oeil et l’objectifs restent critiques, tout en admettant que certaines « oeuvres », à défaut d’être très esthétiques, sont photogéniques et éveillent la curiosité !
    Bon dimanche !

  4. merci de rendre l’art accessible, montrant toutes ces œuvres c’est vrai que souvent on passe sans les voir.
    Certaines sont réussies et embellissent la ville, tant qu’elles ne lui vident pas les poches 🙂

    • On est souvent surpris par le budget alloué aux arts et à la culture, au sens large, par les grandes villes. Il est vrai que ce n’est pas donné… Mais on peut rétorquer que tout cela amène des visiteurs et donc de l’argent dans l’économie locale. C’est peut-être vrai pour certaines villes, mais j’ai des doutes pour d’autres…

  5. En Sanjenjo esculturas de piedra pueblan los lugares públicos, en exposición permanente. Una idea, para mi, preciosa. Sin dejar de ver lo bueno que vayamos encontrando o buscando. Me gusta. Saludos

  6. J’aime beaucoup ces oeuvres d’art qui « Jonchent » (sic) l’Espace public permanent de fort belle manière à contrario des déchets ultimes répartis par les Chers touristes saisonniers et transitoires… J’aime beaucoup l’oeuvre totémique coiffée aux Nuages méditerranéens, nuages présents pile-poil en ta présence. Joli coup! C’est ta génétique imprégnée de la coiffe Bretonnante qui te fait produire de tels clichés…? Rhôôôôôôôôôôôôô!!!

    Pour l’art, vous êtes sacrément gâtés en Bretagne avec un de ces rares Parc de Sculptures monumentales au Domaine de Kerguehennec: emblématique lieu de l’Art contemporain international et quelque peu à l’avant-garde lors de sa création avec son Centre d’Art. Depuis le jour de son ouverture, je ne me lasse pas de découvrir ce site avec une programmation exemplaire durant ses premières années. Un site magnifique où tu aurais de quoi faire de géniaux clichés, cher photographe!

    Joli clin d’œil pour ces artistes du monde entier!

  7. Mais c’est énorrrme ! Merci pour ce tour de France de l’art libre, note que art et libre c’est sensé être redondant… Hélas mon bon Mr dans une société bien pensante on fait comme on peut ! Toutefois on ne baisse pas les bras, car l’art le vrai, en plus d’être libre est subversif par nature 🤸‍♂️🥊🔥 Pour les tags tout pourris ce sont les mêmes qui collaient leur chewing-gum sous les tables à l’école 🐽😉😘 Bon week 😻

      • Je confirme! Mon fils photographe professionnel qui a été un des leurs était bien scolarisé, pi il a préféré la rue et l’art au quotidien que l’école à l’années et les diplômes… Du coup il va dans les écoles, collèges, lycées, universités, salles de cinéma, etc. avec un documentaire basé sur des heures de rush qu’il a lui-même réalisé en mode « sauvage » pour faire connaitre le street-art aux jeunes générations à la demande des pouvoirs publics, Ha Ha Ha! Alors, oui, étant mineur, j’ai souvent du répondre à quelques convocations policières…. https://www.youtube.com/watch?v=zQtQq_wVQs4 . A propos de Toulouse, l’hélico de la flicaille est de Sortie #GiletsJaunes à Toulouse (en direct l’actu, ça pète dans tous les sens!!!)

        • Si les tagueurs s’attaquent aux friches industriels ou aux bâtiments abandonnés, pas de problème.
          Mais quand ils dégradent les maisons et les véhicules des particuliers, les équipements collectifs (mobiliers urbains, transports…) et saccagent des fresques fraichement réalisées, il ne faut pas s’étonner que les gens soient « un peu » hostiles à leur égard. 🙂
          Peut-être faut-il faire l’effort de rester une année de plus à l’école, pour apprendre le respect, la politesse et le savoir vivre ? 🙂
          Oui, je sais, tout cela n’est pas toujours enseigné à l’école…

            • C’est vrai. Mais les tags sont souvent plus petits que 4×3 m, ce qui ne les empêchent pas de défigurer n’importe quel support. Et si l’on demandaient aux premiers concernés (les victimes) ce qu’ils préfèrent voir, ce ne serait certainement pas ces immondes graffitis.
              Tiens, en rentrant de ma promenade, cet après-midi, j’ai justement découvert un tag tout frais en bas de chez moi. Moche et illisible, comme d’habitude. Oh joie ! 😦
              Je me demande comment réagiraient ces salopiots si je gribouillais une horreur sur leur porte…

              • Les murs actuellement fleurissent de poésies pures (Merci #GiletsJeunes et #BlackBlocs). A l’instar d’une autre époque (épique-sic!) fertile en créativité, mon meilleur souvenir d’un tag d’alors sur un mur repeint tout fraîchement: « La Grossesse à Six mois » ! C’en est pas de la revendication ça! Depuis les esprits se sont (très peu) ouvert. Et Simone a pu passer 8 ans plus tard, ce qui n’aurait jamais eu lieu sans tous ces « tags » qui ont véhiculé des idées nouvelles…. Que serait on sans les Murs, et que serait l’Art sans ces écritures qui remontent quand même à Lascaux, et bien plus avant encore…. Aujourd’hui Lascaux est un coffre-fort à touristes et une entreprise officielle de racket, Ha Ha Ha! Et hier comme aujourd’hui le tag est un signe de reconnaissance….., que serait il s’il était invisible….?

                • Les gens sont libres d’écrire leurs utopies, mais qu’ils le fassent sur leurs murs, pas sur celui des autres. De plus, la majorité des graffitis sont illisibles ou truffés de fautes d’orthographe, ce qui en dit long sur leurs auteurs. Il y a d’autres manières que le vandalisme ou la dégradation nocturne pour s’exprimer.
                  Juste pour information, la ville de Rennes dépense 2 millions d’€ par an pour nettoyer ces graffitis qui ne véhiculent aucun message intelligent et/ou positif. Autant d’argent qui pourrait être mieux utiliser…

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