Peinture urbaine

Peinture urbaine

J’ai de l’admiration pour certains graffeurs talentueux, qui décorent les murs de nos villes avec goût. Je parle de ceux qui savent peindre autre chose que des lettres. Quant aux tagueurs qui salissent tout ce qu’ils peuvent avec d’immondes graffitis en moins de 10 secondes : Poubelle !

Rennes, boulevard du Colombier (septembre 2013).

Rennes, boulevard du Colombier (septembre 2013).

Il y a ceux qui proposent un univers graphique très abouti que l’on prend le temps de regarder, et ceux qui ne savent rien faire d’autres que dessiner des lettres boursoufflées, toujours dans le même non-style. Est-ce par manque de talent ? En tous cas, pour moi, ce genre de barbouillage est plus proche du graffiti que du graff. Rien à voir avec ce superbe mérou taquiné par un frêle pécheur.

Rennes, Quai Saint-Cyr (mai 2016).

Rennes, Quai Saint-Cyr (mai 2016).

Certains graffs sont monumentaux et même commandés par les villes à des artistes reconnus. Après, on aime ou pas, mais au moins, il y a une idée. Le graff ci-dessous (les autruches) couvre la hauteur d’un immeuble. Comme je n’aime pas photographier l’œuvre de quelqu’un d’autre et, en quelque sorte, me l’accaparer en 1/200 s, je cherche à faire dialoguer l’œuvre avec son environnement, des gens, une autre création… Ici, j’ai trouvé amusant de mettre sur la même photo ces autruches aux abois et un prédateur monstrueux graffé sur un muret, caché derrière des buissons, comme s’il allait sauter sur les oiseaux pour les dévorer.

Pour la petite histoire (désolante), une grande partie des autruches a été recouverte par des lettres moches, saccageant l’œuvre. Par bêtise ou par jalousie ?

Rennes, boulevard du Colombier (septembre 2013).

Rennes, boulevard du Colombier (septembre 2013).

Ce cœur noir saignant dans l’eau de la Vilaine a été barbouillé sur un pont. On ne peut pas dire que ce soit joli mais il est raccord avec l’environnement et ne gêne personne.

Rennes. Sous le Pont de Bretagne, au-dessus de la Vilaine (octobre 2015).

Rennes. Sous le Pont de Bretagne, au-dessus de la Vilaine (octobre 2015).

Comme une grande majorité de personnes, je préfère que ceux qui n’ont pas le talent des graffeurs s’expriment sur des murs promis à la destruction, plutôt que par-dessus de belles réalisations. Le respect compense en partie la médiocrité et le manque de goût…

Rennes, rue Alexandre Duval (mai 2016).

Rennes, rue Alexandre Duval (mai 2016).

Mai-tamorphose

Le triptyque ci-dessous montre l’évolution d’un mur sur lequel se sont exprimé des gens aux talents… divers. Les 3 photos ont toutes été prises au mois de mai, en 2013, 2014 et 2016 (Cliquez pour faire défiler en plus grand). Concluez par vous-même… 😉

Comme je vous le disais, j’aime bien faire dialoguer ou opposer une œuvre avec son environnement. Ce n’est pas toujours facile mais cela éviter un pale copié-collé du travail d’un autre. On propose une autre histoire, une interprétation… même si on a parfois l’impression de marcher sur la tête. 🙂

Rennes, Quai Saint-Cast (juin 2014).

Rennes, Quai Saint-Cast (juin 2014).

 

Rennes, Quai Saint-Cyr, sous le pont de Malakoff (septembre 2016).

Rennes, Quai Saint-Cyr, sous le pont de Malakoff (septembre 2016).

Malheureusement, cette magnifique pieuvre a été recouverte de lettres sans originalité, encore… Elle avait moins d’un an.

Désolé si ce post ressemble à un coup de gueule, ce qui est inhabituel ici, mais quand ça m’énerve, ben… ça m’énerve !


 

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27 réflexions sur “Peinture urbaine

  1. Ah bein ça, je comprends totalement ton énervement. Je suis tout-à fait d’accord avec toi. Je ne comprends qu’on puisses taguer au-dessus d’un beau graf!
    Au moins ce qui écrivent des lettres, ils veulent montrer qu’ils savent écrire, c’est déjà ça!

  2. Je suis surprise du manque de respect des oeuvres réalisées mais si c’est question de territoire. Surprise aussi que tu aies pu photographier un tagueur; généralement ils n’aiment pas ca.
    Une amie a fait plein de photos des tags, et voulait faire une expo avec des « tags » de la prehistoire…..
    Sinon en sortant de Lyon, tu as de jolies fresques peintes
    http://cite-creation.com/fresques-peinture-raffinerie-de-feyzin/
    Celles sur le mur proches de l’autoroute a des formules chimiques, des éprouvettes etc. c’est tres reussi et pas du tout abime… jusqu’a present!

    • Ce n’est pas un tagueur, c’est un graffeur. Le premier est un vandale qui salit, le second est un artiste qui crée. La différence, en plus du talent, c’est qu’on peut photographier un graffeur. Le tagueur sévit en cachette, ce qui prouve qu’il n’est pas si fier de lui (et il a raison).
      Il fut un temps où les tagueurs respectaient les fresques des graffeurs, évitaient de les recouvrir de leurs médiocres graffitis. Mais il faut croire que cette époque est terminée à Rennes, contrairement à Lyon…

  3. C’est un peu comme au frigo dans le 13eme, tu as des chefs d’oeuvres et d’autres sans talents viennent les recouvrir avec des tags, plus que des graphs, c’est une question de territorialité, c’est juste dommage pour les graphs qui eux sont très souvent avec de vrais talents.
    Très chouette série

    • Je connais des gosses beaucoup plus polis que ces vandales. Mais ta comparaison est bonne, Ronald. C’est vrai qu’on a l’impression qu’un gamin a griffonné sur une page d’un beau livre… 🙂

  4. Sympa ton reportage énervé ! 😉
    Effectivement il n’est pas facile de photographier des graffs, puisque ce sont les oeuvres de quelqu’un d’autre et qu’il faut y apporter sa touche personnelle pour que ce soit intéressant.
    Cependant,ils sont généralement éphémères et le fait de les photographier les fait en quelque sorte entrer dans l’histoire, et leur donne une visibilité qu’elles n’ont plus en vrai.
    Et comme toi je suis énervée par les graffitis déposés là comme les chiens marquent leur territoire.

    • « comme les chiens marquent leur territoire »… Rhôô ! Mais c’est… heu… C’est tellement vrai ! 😀
      Vrai aussi que le fait de photographier des graffs leur permet de vivre après leur massacre. Mais ils subsistent à travers notre interprétation de photographe, pas selon la vision de leurs créateurs.
      Bonne semaine, Sophie.

  5. Je partage tout à fait ton avis ! Connaissant un peu Rennes pour y étudier, je suis un peu triste de voir ces œuvres disparaître… C’est bien de les retrouver dans ton article, puisque finalement  » Ce que la photographie reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois »
    Belle soirée 🙂

    • La photo permet effectivement de garder une trace de ce qui a disparu. C’est juste dommage que certaines disparitions soient du fait de la bêtise et de l’irrespect de quelques imbéciles.
      Merci pour ton soutien Justine, et bonne soirée à toi également… chère voisine ! 🙂

  6. Superbe article, merci de nous rappeler avec autant de simplicité, ce qu’est l’art accessible à tout le monde !!!
    C’est toujours un grand plaisir de venir découvrir tes magnifiques œuvres.
    Bon WE
    Tony

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