La cyclonue 2020 de Rennes

Le 13 septembre 2020, Rennes a accueilli la première WNBR de France. C’est quoi une WNBR ? « World Naked Bike Ride ». C’est une cyclonue, en français. Quoique ce mot n’est pas (encore) dans le dictionnaire. Si je vous dis une cyclonudiste, vous comprenez sûrement mieux de quoi il s’agit. 😉

Vous me direz qu’il existe de nombreux centres naturistes en France, où il est possible de faire du vélo tout(e) nu(e). C’est vrai, mais le principe d’une WNBR, c’est de pédaler… en ville. Et si possible dans le centre d’une grande ville ! Ainsi, Barcelone ou Madrid ont leur « cyclonudista » annuelle depuis 2001. Et cet événement, présent dans une trentaine de pays, ne s’était encore jamais produit en France.

3 cyclonues étaient prévues en France ce jour-là : Paris, Lyon et Rennes. Seule celle de Rennes a été autorisée par la préfecture, à la condition d’éviter l’hyper-centre.

Mais pour quelle raison des gens se lancent le défi de faire du vélo entièrement nus en centre-ville ??? Pour lancer des messages sur le thème de l’écologie et sur la vulnérabilité des cyclistes en ville.

Affiche de la Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR).

Pour cette première édition rennaise, une cinquantaine de cyclistes culottés (ou plutôt pas 🙂 ) se sont retrouvés au parc des Gayeulles pour pique-niquer avant de se lancer dans l’aventure.

Ce sont très majoritairement des hommes et/ou des naturistes. Quelques femmes ont cependant réussi à vaincre leur pudeur pour participer à la WNBR. Ayant un peu discuté avec certain(e)s participant(e)s, je n’ai pas noté de stress particulier et l’ambiance était détendue.

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Avant le départ au parc des Gayeulles.

La presse est là, l’AFP, France 3 Bretagne… et moi. 🙂

14h00, les cyclistes sont invités à se mettre en « te-nue ». Ce que font beaucoup sans hésiter, alors que d’autres semblent avoir plus de mal à se déshabiller. Les promeneurs sont surpris de voir tous ces gens nus dans un parc public.

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Avant le départ au parc des Gayeulles.

(Comme d’habitude, cliquez sur les photos pour les agrandir)

Il n’était pas obligatoire d’être complètement nu. Le mot d’ordre était : « Venez déguisé ou aussi nu que vous osez ! ». Certain(e)s avaient aussi des slogans peints sur le corps.

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Avant le départ au parc des Gayeulles.

Le moment de rejoindre la ligne de départ est arrivé. La procession des nudistes déambule sur le chemin vers le parking.

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Vers la ligne de départ, au parc des Gayeulles.

Excusez les quelques poussières roses collées sur mon objectif. J’ai oublié de le nettoyer avant le reportage. Certes, ce n’est pas très pro, mais ça m’évitera les foudres de la censure… 😉

Je profite de l’attente du départ pour faire le portrait de la dame joliment décorée. C’est pratique, le masque, pour garder l’anonymat… 😉

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Sur la ligne de départ, au parc des Gayeulles.

Les participants sont impatients d’inaugurer la première cyclonue de France. Le moment tant attendu approche !

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Sur la ligne de départ, au parc des Gayeulles.

La cyclonue était organisée par la Fédération Française de Naturisme (FFN).

Michèle Charles-Dominé, Présidente de la FFN pour la Région Bretagne, donne une dernière interview à une journaliste avant de s’élancer dans les rues de la ville.

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Interview de la présidente de la Fédération Française de Naturisme de Bretagne sur la ligne de départ, au parc des Gayeulles.

 

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Interview de la présidente de la Fédération Française de Naturisme de Bretagne sur la ligne de départ, au parc des Gayeulles.

Chacun attend patiemment que l’interview se termine…

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Sur la ligne de départ, au parc des Gayeulles.

Enfin, le top-départ est lancé !

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Départ du parking du parc des Gayeulles !

Les cyclonudistes s’élancent vers leur destin ! Ok, j’en fais un peu trop… 🙂

Le spectacle était aussi dans le public, où des étudiantes japonaises médusées n’en perdaient pas une miette, tellement peu habituées à si peu de pudeur. Faire des heureuses dès le départ, c’est sacrément motivant ! 🙂

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Départ du parking du parc des Gayeulles !

 

 

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Départ du parking du parc des Gayeulles !

Le dernier cycliste ayant quitté le parking, je remonte dans mon véhicule et je traverse la ville pour me positionner à un endroit stratégique et attendre leur passage. J’ai choisi de ne pas les suivre à vélo tout en faisant des photos. Trop casse-gueule.

J’attends donc sur le pont Malakoff, d’où j’ai une vue plongeante, dégagée, bien orientée pour l’éclairage, et permettant d’englober l’environnement urbain. J’ai juste oublié qu’il n’y a pas d’ombre sur un pont, et le soleil cogne en ce 13 septembre !

C’est dimanche, la ville est aux citadins et la circulation automobile est beaucoup moins intense qu’en semaine. Un journaliste de l’AFP me rejoint sur le pont. Il a eu la même idée que moi.

50 minutes après le départ du parc des Gayeulles, les voici qui apparaissent au tournant !

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Arrivée des cyclistes sur la rue Vanneau.

Je remarque que certaines se sont un peu effeuillées sur le trajet. Un soutien-gorge est tombé pour l’une, une culotte a disparu pour l’autre… Pas de changement apparent chez les hommes. Quand on vous dit que « souvent femme varie » et que les hommes ne changent pas, cela se vérifie encore une fois ! 🙂

Arrivés sur le pont, les cyclonudistes traverse la rue et font une halte sur le large trottoir d’en face (en fait un trottoir avec piste cyclable).

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Arrivée des cyclistes sur le pont Malakoff.

Il avait été convenu d’une photo de groupe sur le pont ! Je comprends mieux la présence du photographe de l’AFP à cet endroit. 😉

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Arrivée des cyclistes sur le pont Malakoff.

 

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Arrêt photos sur le pont Malakoff.

 

Après la photo de groupe, les cyclistes reprennent le chemin du retour vers le parc des Gayeulles.

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). C’est reparti sur le pont Malakoff !

J’ai eu raison de venir, ça me fait des photos cocasses… 🙂

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). C’est reparti sur le pont Malakoff !

 

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Les cyclistes sur le pont Malakoff.

 

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Les cyclistes sur le pont Malakoff.

 

Cyclonue 2020 de Rennes (WNBR). Les cyclistes sur le pont Malakoff.

Je renonce à reprendre ma voiture et rouler 20-25 minutes jusqu’au parc des Gayeulles pour continuer le reportage, avec le retour des cyclonudistes. Suivre un cortège en vélo n’est pas aussi simple qu’un défilé pédestre comme la gay-pride. S’il y a une deuxième édition, j’essayerai de m’organiser autrement.

En complément de mes photos, voici quelques liens vers des médias qui ont relaté la première cyclonue de France. Vous pourrez y visionner des vidéos et des photos prises en d’autres endroit de la ville :

Et bien sûr : le site de la Fédération Française de Naturisme (FFN) qui a organisé l’événement.

Ailleurs dans le Monde :

Et vous ? Auriez-vous été capable de le faire pour une bonne cause ? Un peu déshabillé(e), beaucoup, complètement… ?


39 réflexions sur “La cyclonue 2020 de Rennes

  1. Merci Phil pour ce reportage étrange et bravo d’avoir couvert cette « première » en France. J’avais déjà vu des photos de ce genre, mais elle provenaient sans doute de l’étranger!

    • Les photos que tu as vues ont forcément et effectivement été prises à l’étranger.
      C’est un challenge qui ne manque pas de piquant pour qui veut s’offrir une expérience hors du commun (étrange, comme tu dis). J’en connais qui pourraient être intéressées, histoire de passer un cran supplémentaire, au lieu de se cacher la nuit. 😉 Imagine, en plein jour et sans craindre d’être surprises ! 🙂
      Bise et bonne soirée, Marianne.

      • Je vois bien qui tu vises, Phil, mais en vérité je n’en ai aucune envie. Je ne perçois pas du tout cette situation comme étant érotique. Dans l’érotisme, il me semble qu’il y a un mélange de peur, de plaisir et de sublime… Ceci étant, je ne critique pas. Les gens qui participent à ce genre de manifestation ont sans doute envie de se marrer et de partager un moment sympa peu ordinaire!

        • C’est vrai. Il n’y a aucun érotisme dans cet événement. L’objectif est tout autre. Tu sais que j’aime bien te taquiner. Je faisais aussi allusion à tes deux complices.
          Je pense que leur plaisir a été de transposer leur quotidien dans un endroit peu ordinaire pour ce faire. Le naturisme étant cloisonné toute l’année et caché au plus grand monde, quel pied (de nez) de s’exposer ainsi en plein centre d’une grande ville ! Par contre, les messages écologiques sont un peu occultés par la performance elle-même.

  2. J’ignorais tout de cet événement. Merci pour ce reportage. L’exercice photo est difficile, tes clichés de la gay-pride pouvaient susciter une émotion qu’il est compliqué de restituer ici même si l’enjeu planétaire devrait y contribuer.

  3. Voilà un reportage peu commun et intéressant par le sujet et les protagonistes du WNBR. Une façon de se faire entendre pourquoi pas! Je ne pourrais pas personnellement faire du vélo nu pour l’inconfort. Merci Phil pour ce billet étonnant que je découvre à la place de la Gay-pride. Bonne soirée 😉👍🏻

    • C’est effectivement peu commun en France, puisque c’est la première fois. 😉 Mais dans d’autres pays, c’est une fois par an, comme la gay-pride.
      L’inconfort physique se règle avec un molleton placé sur la selle, comme l’on fait certains cyclistes. Par contre, l’inconfort psychologique est plus difficile à surmonter quand on n’a pas l’habitude d’un naturiste !
      Merci Stéphane et bonne nuit.

  4. Je serais curieux de savoir leurs revendications.
    Je suppose qu’il faut cliquer sur tes liens pour en savoir davantage.
    Je ne trouve pas ça très « esthétique », mais bon,
    vive la liberté d’expression.
    J’espère qu’il n’y a pas eu d’accidents automobiles,
    parce quand on voit débouler ce peloton hors du commun,
    à l’angle d’une rue, il y a de quoi aller dans les décors.
    Bon dimanche Phil.
    (l’histoire ne dit pas si le photographe était aussi nu qu’eux,
    en tous les cas, les Japs ont dû se régaler., et dire,
    ils sont fous ces Bretons, par Toutatis !)

    • Pour les revendications, tu prends quelques slogans écologistes (pollution…), tu mélanges avec de la sécurité routière (vulnérabilité du vélo en ville) et voilà ! Effectivement, en cliquant sur les liens, tu auras des explications plus précises données par les protagonistes eux-mêmes.

      Effectivement, l’esthétisme n’est pas le but recherché. De plus, je ne maitrise pas complètement les poses et l’éclairage, ni le choix des « modèles ». Un reportage est très différent d’un shooting. Pour moi, c’était surtout l’occasion de faire des photos insolites et de couvrir la toute première cyclonue de France. C’est « historique » !

      Le dimanche, il y a très peu de circulation automobile. La quasi-totalité des véhicules sont restés dans les campagnes. Les gens présents sont principalement des urbains en promenade, ni pressés, ni stressés. Alors il n’y avait aucun risque pour les cyclistes. Si tu regardes bien dans la série de photos prises avant le pont, le feu est passé au vert alors que le cortège de cyclistes n’était pas encore complètement passé. Les gens les ont laissé passer, sans forcer, sans klaxonner, sans râler… 🙂

      Et non, n’étant pas sur un vélo, je n’était pas nu. En plus, j’ai attendu une demi-heure sur le pont. J’aurais eu l’air malin ! 😀

      Merci et bon dimanche, Gil.

  5. Excellent!!!
    Mais je constate que nous avons un problème en commun avec nos boitiers: il y a de grosses taches colorées au mauvais endroit 😉
    Une fois encore Phil, tu es au bon endroit au bon moment, merci pour ce beau reportage 🙂
    Belle journée à toi et à bientôt.
    Jean-Noel

    • Satanées poussières ! Je suis frappé de la même malédiction que toi. 🙂
      Effectivement, il ne fallait pas manquer cet événement, le premier du genre en France. Ça aurait été dommage alors qu’il se déroulait près de chez moi. En plus, je n’ai pas eu droit à mon reportage annuel sur la gay-pride, annulée à cause du Codiv-19. Alors c’était l’occasion de « compenser ».
      Merci Jean-Noël et bon dimanche !

Ecrire un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :